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« L’Afrique ne doit plus être le musée de la pauvreté »

Affirme le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina

21/05/2018

 

Environ 580 millions de jeunes Africains arriveront d’ici à 2050 sur le marché de l’emploi, a affirmé lundi à Busan, en Corée, le président de la Banque africaine de développement Akinwumi Adesina qui a assuré que les populations du continent sont fatiguées de la pauvreté.

« L’Afrique doit cesser d’être le musée de la pauvreté. Ses populations sont déterminées à inverser cette tendance. L’avenir des jeunes Africains n’est pas en Europe, leur unique destin n’est pas d’aller mourir dans la mer Méditerranée », a-t-il martelé lors d’une conférence de presse animée à la veille des 53 è Assemblées annuelles de la Banque prévues du 21 au 25 mai en Corée.

Selon le président de la Banque, l’un des meilleurs moyens de sortir l’Afrique de la pauvreté, c’est d’accélérer son industrialisation.

« La volatilité des prix des matières premières enregistrée ces dernières années a pénalisé de très nombreux pays africains. Elle nous a convaincus de l’urgence à diversifier nos économies, notamment par la transformation sur place de nos matières premières », a plaidé le président de la Banque.

Il a annoncé que son institution allait investir 35 milliards de dollars américains (EU) sur les dix prochaines années pour accompagner l’industrialisation de l’Afrique.

« Nous avons la conviction que toute création de valeur ajoutée pour les économies africaines passe par l’industrialisation. Sur le plan agricole, par exemple, nous pouvons arriver à la création de zones de transformation des matières premières agricoles. Pour l’Afrique, l’industrialisation n’est pas une option, c’est une impérieuse nécessité », a argumenté le président de la Banque.

Trois préalables à l’industrialisation

Trois conditions doivent, a-t-il expliqué, être réunies pour permettre à l’Afrique de s’engager résolument sur le chemin de l’industrialisation.

« Il n’y a d’industrialisation sans leadership politique clair et assumé. Il n’y a pas d’industrialisation non plus sans un investissement massif dans les infrastructures. Enfin, il n’y a pas d’industrialisation sans renforcement des ressources humaines, notamment des investissements dans les sciences, les nouvelles technologies et les innovations », a précisé M. Adesina.

Plaidant pour que l’Afrique s’inspire des expériences industrielles d’autres parties du monde, il a toutefois mis en garde contre le prêt-à-reproduire.

« Toutes les régions du monde se sont inspirées de modèles de réussites industrielles observées ailleurs. De ce point de vue, l’Afrique peut elle aussi s’inspirer de l’expérience industrielle de la Corée sans pour autant tomber dans la reproduction paresseuse », a ajouté le lauréat 2017 du Prix mondial de l’alimentation.

Puis M. Adesina d’ajouter : « En Afrique, nous ne pouvons pas ne pas tenir compte du rôle des collectivités locales dans nos politiques d’industrialisation. En effet, la question des compétences est importante pour que nous arrivions à une industrialisation inclusive. Nous avons également besoin qu’il s’y ajoute un environnement des affaires sain et incitatif ».

Environ 3000 participants sont attendus du 21 au 25 mai à Busan pour les 53 è Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement qui ont pour thème « accélérer l’industrialisation de l’Afrique ».

Alors qu’elle affiche aujourd’hui un revenu par habitant de 26000 dollars, la Corée présentait il y a cinquante ans seulement les mêmes réalités économiques que plusieurs pays africains.

Les participants aux 53 è Assemblées annuelles de la Banque nourrissent l’espoir de tirer du « modèle coréen » des enseignements qui peuvent être utiles pour l’accélération de l’industrialisation de l’Afrique.