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Bénin : la route du progrès

11/06/2019
Au nord-ouest du Bénin, une route longue de 210 kilomètres constitue l’épine dorsale du réseau routier cotonnier. Sa modernisation, en plus de soutenir le secteur du coton, aura des impacts positifs sur la vie des Béninois

Cette route traverse les communes de Djougou, Péhunco, Kérou et Banikoara. Elle est empruntée par des camions gros porteurs chargés d’évacuer le coton des champs vers les 18 usines d’égrenage de la région. Le secteur du coton, l’un des principaux employeurs du pays, joue un rôle clé dans l’économie du Bénin. Il représente 45% des recettes fiscales hors droits de douane, 13% du PIB national et 80% des recettes d’exportation. Environ 60% du tissu industriel béninois fonctionne grâce au coton. La route cotonnière constitue donc un enjeu de développement économique et social. Les communes qu’elle traverse regorgent de potentialités agricoles : céréales (maïs, sorgho, mil, riz), tubercules (igname, patate douce, manioc) et légumineuses (soja, niébé, goussi, voandzou). 
La culture de noix d’anacarde, de néré et de karité constitue également une source de revenus pour les populations de la zone.

La route Djougou-Péhunco-Kérou-Banikoara est sujette aux intempéries. Pendant la période des pluies, face à l’état dégradé des pistes, les moyens de transport deviennent rares et les tarifs augmentent. Les taxis-brousse sont remplacés par des taxis motos, ce qui élève considérablement le coût du déplacement, surtout en dehors des jours de marché. Un habitant de Péhunco explique : « toutes les voitures qui veulent bien utiliser cette piste se retirent après un temps. Les chauffeurs évoquent l’amortissement du véhicule. L’état de cette piste nous appauvrit. »

Durant cette période, l’eau envahit un pont situé à Péhunco sur l’axe Djougou-Banikoara, le rendant impraticable pendant plusieurs jours. Des accidents sont à craindre. « En plus de l’état de la piste, il faut voir l’état des ponts. En période de pluie, il n’est pas possible aux véhicules venant de Djougou de parvenir à notre localité. Les gros porteurs redoutent les accidents avec toute la charge portée. Nos marchés s’appauvrissent à cette période », témoigne un autre habitant de Péhunco.

Des impacts prometteurs pour les populations et les échanges 

En 2018, la Banque a approuvé le financement du projet de réhabilitation de 210 kilomètres de routes, sur les 900 kilomètres que compte la route du coton, dont 4 routes à deux voies et 152 km de routes rurales améliorées. La contribution de la Banque s’élève à 140 millions de dollars américains, soit plus de 60% du coût total de la réalisation. L’objectif est de réduire la pauvreté dans la région en développant l’infrastructure socioéconomique de base. La réduction des coûts de transport sur la route entraînera une baisse des coûts de production et d’exportation du coton, et donc une amélioration de la compétitivité du pays. En 2018, le temps moyen d’un voyage pour le transit du coton était de 10 heures. L’amélioration de la route et les ponts réduiront le voyage à 4 heures d’ici à 2022.

La modernisation et le bitumage de la route produiront une augmentation du trafic et des échanges, une réduction des coûts de transport et une amélioration des conditions de vie des populations le long de la route. À l’horizon 2022, 30% des gens seront à moins de deux kilomètres d’une route carrossable, contre 20% avant le projet. La distance de marche pour atteindre un point sera réduite, et l’accès à une connexion internet amélioré grâce à la fibre optique.

Le projet aura également un impact positif sur les activités de la population, notamment en augmentant l’employabilité des femmes et des jeunes. Priorité sera donnée aux activités rurales pratiquées par les femmes, comme la production de cultures vivrières et les activités de transformation et de commercialisation. Ces actions seront appuyées par la formation à la transformation de produits agricoles, au développement de projets susceptibles d’être financés et à l’accès au financement afin de diversifier les revenus des ménages. Le budget alloué aux activités de promotion de l’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes s’élève à 3,6 millions d’euros.