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A propos des Assemblées annuelles 2022

25/03/2022

L’Afrique connaît un réchauffement plus rapide que le reste du monde. La température de surface du continent a déjà augmenté plus rapidement que la moyenne mondiale et, à l’avenir, les températures médianes des régions septentrionales et méridionales du continent pourraient augmenter de 3,6 oC si la température médiane mondiale augmente de 2 oC. Par ailleurs, le niveau de la mer s’est élevé plus haut sur le continent que la moyenne mondiale au cours des trois dernières décennies. Selon le sixième rapport d’évaluation du GIEC, il est presque certain que le niveau des mers en Afrique continuera à s’élever, ce qui augmentera le risque d’inondations côtières. De plus, le Sahara, la Corne de l’Afrique et l’Afrique centrale devraient enregistrer des précipitations plus importantes et une augmentation correspondante des inondations pluviales, tandis que l’Afrique australe et l’Afrique de l’Est devraient observer des vitesses de vent tropicales plus élevées et davantage de cyclones de catégorie 4-5. 

Aujourd’hui, près de 600 millions de personnes en Afrique n’ont pas accès à l’électricité et 900 millions n’ont pas accès à des installations de cuisson propres, la plupart dans les zones rurales. Quatre Africains sur cinq cuisinent à l’aide de biomasse solide, ce qui entraîne environ 600 000 décès par an dus à la pollution atmosphérique domestique qui s’ajoute au défi de la déforestation. Pour croître et prospérer, l’Afrique a besoin de systèmes énergétiques modernes qui répondent aux multiples défis que sont l’accessibilité financière, la sécurité de l’approvisionnement et la durabilité. Les goulets d’étranglement du secteur de l’énergie et les coupures d’électricité récurrentes coûtent chaque année l’équivalent de 2 à 4 % du PIB de l’Afrique et compromettent la création d’emplois, l’industrialisation et les investissements.

La nécessité de s’attaquer à cet énorme double défi que sont le changement climatique et les déficits en électricité, ainsi qu’aux problèmes connexes, justifie l’importance du thème proposé pour les Assemblées annuelles 2022. Le choix porté sur ce thème permettra à la Banque de jouer le rôle de porte-parole et de chef de file de la réflexion sur les deux problématiques de la résilience climatique et de la transition énergétique en Afrique. À cheval entre la COP26 qui vient de s’achever et la COP27 qui sera abritée par l’Afrique, les discussions seront l’occasion de faire le point et d’avoir des échanges francs et opportuns. Elles permettront en outre de formuler des recommandations sur les voies et moyens par lesquels l’Afrique peut mobiliser des ressources à grande échelle pour atteindre les objectifs de résilience climatique et de transition à faible émission de carbone. Le thème retenu permettra également à la Banque de faire face à l’un de ses engagements qui est d’accroître l’alignement stratégique et l’orientation opérationnelle en soutenant une transition vers un développement à faible émission de carbone et résilient face au changement climatique.

Contexte et justification

Il y a cinq ans, El Niño a dévasté l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe en provoquant de graves sécheresses. En 2019, les cyclones tropicaux Idai et Kenneth ont affecté les économies du Mozambique, du Malawi et du Zimbabwe. Huit cents personnes sont mortes, et les pertes se sont élevées à 2 milliards d’USD. Ce cercle vicieux s’est répété en 2021 avec le cyclone Eloise qui a fait des ravages dans la même région en janvier. On estime que de 2020 à 2030, les besoins d’adaptation de l’Afrique pour faire face au changement climatique se chiffreront à 331 milliards de dollars. Ce montant est assurément bien inférieur aux besoins réels, compte tenu de la trajectoire de réchauffement rapide de la planète. 

 

À la suite du 6e rapport du GIEC et du récent rapport de l’AIE sur l’énergie nette zéro d’ici 2050, le monde devrait accélérer la transition vers des systèmes à zéro émission nette dans le secteur énergétique. La feuille de route de l’AIE pour les transitions à zéro émission nette dans le secteur énergétique mondial aura des implications sur l’accès à l’énergie avec des compromis et des co-bénéfices importants pour le développement inclusif et durable en Afrique. On craint de plus en plus que les transitions vers les énergies renouvelables n’aggravent la pauvreté énergétique dans les pays en développement et n’entraînent d’autres problèmes de dégradation de l’environnement en raison de la quête de minéraux énergétiques propres. 

Le défi du changement climatique pour l’Afrique consiste principalement à s’adapter et à rendre le développement résilient au climat. L’augmentation des flux financiers pour l’adaptation est essentielle pour faire face aux impacts irréversibles du changement climatique. Pour l’instant, le financement de l’adaptation ne représente que 10 % du financement climatique mondial. Dans l’ensemble, seuls 19 % environ du financement international total de l’adaptation sont programmés en Afrique, le continent recevant une proportion insignifiante de 3 % du total des flux mondiaux de financement de l’action climatique. Il est impératif de renforcer les mesures d’adaptation et les financements nécessaires en Afrique. 

Dans la foulée de la COP26 et des PEA 2022 intitulées « Soutenir la résilience climatique et une transition énergétique juste pour l’Afrique », et en prélude à la COP27, il est nécessaire de mener des discussions franches sur les stratégies, les politiques et les actions requises pour parvenir à la résilience climatique et à une transition énergétique juste en Afrique. La discussion permettra aux décideurs politiques de poser le diagnostic nécessaire et de disposer d’une boîte à outils de politiques pour définir des stratégies à gains rapides en vue de mettre en œuvre la transformation énergétique qui contribuera à un développement vert et inclusif de leurs économies. Cette discussion permettra de formuler des politiques réalisables aux niveaux mondial, continental, régional et national pour atteindre la résilience climatique et la transition énergétique juste. 

La Banque africaine de développement (BAD) et le Centre mondial pour l’adaptation (GCA) ont élaboré un programme phare conjoint – le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique (PAAA) – pour trouver des solutions permettant d’accélérer, d’innover et de faire évoluer les mesures d’adaptation en Afrique. Le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique a été lancé lors du Sommet pour l’adaptation aux changements climatiques en 2021 (CAS 2021) dans le but de mobiliser 25 milliards de dollars pour intensifier les actions de transformation et d’adaptation au changement climatique dans toute l’Afrique. L’ambition du Sommet est de galvaniser les actions de résilience climatique, d’aider les pays à accélérer et à intensifier l’adaptation et la résilience climatiques et de mobiliser des financements à grande échelle pour l’adaptation au changement climatique en Afrique. L’un des programmes phares est le programme « YOUTH ADAPT » d’autonomisation des jeunes pour l’entreprenariat et la création d’emplois dans le cadre de l’adaptation et la résilience climatiques.

Thème

Le thème des Assemblées annuelles de 2022 est « Favoriser la résilience climatique et une transition énergétique juste pour l’Afrique ». Ce thème a été choisi pour offrir un cadre permettant aux gouverneurs de la Banque d’échanger leurs expériences sur les défis du changement climatique et de la transition énergétique auxquels ils sont confrontés, ainsi que sur les réponses/mesures politiques qu’ils emploient pour y faire face. Les PMR auront l’occasion de discuter de la nature du soutien dont ils ont besoin de la part des partenaires mondiaux du développement, ainsi que du coût estimé du renforcement de la résilience et de la transition énergétique juste pour leurs économies. Les événements organisés autour du thème permettront d’échanger des points de vue sur les stratégies, les politiques et les interventions, ainsi que de promouvoir l’apprentissage entre pairs et le dialogue sur les politiques axées sur les solutions pour construire l’Afrique que nous voulons.

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